Chaque jour, des cartes postales disparaissent : oubliées, jetées, ou détruites par le temps ou les héritiers.
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Sontay, c’est le nom d’une ville tonkinoise, mais c’est aussi le surnom d’un pauvre diable, vêtu de loques est bien connu de tous les Hanoïens, surtout des vieux Tonkinois.
Le surnom de Sontay lui a été donné lors de la prise de la ville. C’est dans une cave qu’on le trouva. Captif des pirates qui lui avaient fait subir de longues années de souffrance, il avait un aspect souffreteux et malingre, l’air soumis, imbécile et bouffon.
Les troupes françaises lui accordèrent le secours et devint malgré lui, Sontay, le fou innocent, mascotte du régiment.
Les années ont passées, à Hanoi, le petit vieux qu’est Sontay fait la terrasse des cafés, les quartiers européens, se donne en spectacle et mime à lui seul, malgré ses articulations déjà raidies, le terrible assaut de la ville où il fut délivré. Sontay s’efforce d’imiter tout cela, se roule à terre, en des contorsions, râle les cris plaintifs des blessés que dominent les clairons vainqueurs....
Et alors Sontay s’éloigne, légendaire, les mains derrière le dos, les yeux imperceptibles, l’air philosophe, la démarche saccadée. (Tonkin en 1900, Robert Dubois)

Carte du photographe et éditeur Raphaël Moreau.
Série Collection R. Moreau, Hanoi

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Chaque jour, des cartes postales disparaissent : oubliées, jetées, ou détruites par le temps ou les héritiers.
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