Cette publication marque un tournant pour Cartacaro.
Au fil de mes recherches, les photographes sont devenus de plus en plus présents. C’est dans cette direction que Cartacaro va désormais poursuivre son chemin.
Jean Dupuis, un personnage ambigu : commerçant, explorateur… et trafiquant d’armes.
Lors de l’attaque de la citadelle de Hanoï, le 20 novembre 1873, la porte Sud-Est fut le théâtre d’un assaut décisif. Le groupe de Garnier, équipé de quatre canons, réduisit au silence les défenses vietnamiennes en détruisant leurs pièces d’artillerie et en maintenant un tir de suppression impitoyable depuis des positions couvertes. La blessure grave du général Tri Phương, qui commandait les troupes vietnamiennes, acheva de briser leur moral, déjà vacillant.
Pourtant, malgré leur artillerie, les Français peinaient à enfoncer l’épaisse porte. Une brèche finir par s’ouvrir en haut du mur : Garnier, impatient, s’y engouffra le premier, suivi seulement de Trintinian et de deux soldats. Cette intrusion déclencha une déroute générale : les défenseurs, démoralisés, abandonnèrent leurs postes et prirent la fuite.
Craignant que des fonctionnaires ne s’enfuient, Garnier envoya un détachement sous les ordres de l’aspirant Hautefeuille pour contrôler la porte Est depuis l’intérieur, puis se dirigea vers la porte Sud-Ouest pour ordonner à Bain de faire de même pour la porte occidentale.
Pendant ce temps, Dupuis et ses 30 mercenaires, commandés par l’aventurier grec Georges Vlavianos, avaient pour mission de surveiller la porte Est… de l’extérieur. Mais au lieu de se contenter de ce rôle, ils prirent le redan d’assaut et forcèrent l’entrée, désobéissant ainsi aux consignes.
Ironie de l’histoire : cette porte, où Dupuis agissait en opportuniste plutôt qu’en soldat, portera pourtant son nom jusqu’au départ des Français d’Indochine.

Jean Dupuis 1829-1912
Fils d’une famille aisée de Lyon, Jean Dupuis se lance dans le commerce des tissus en 1851. En 1858, il s’installe à Alexandrie comme importateur de produits d’Extrême-Orient. En 1859, il accompagne le corps expéditionnaire français en Chine, où il séjournera à Hong Kong, Shanghai et Pékin. En 1861, il fonde un comptoir commercial à Hankou et se familiarise avec la langue et les coutumes locales, devenant un intermédiaire pour les autorités civiles et militaires.
En 1868, il rencontre Francis Garnier, qui lui suggère d’explorer une route vers le Yunnan depuis le Tonkin via le Fleuve Rouge. En 1869, il tente de remonter le Yangzi Jiang jusqu’au Sichuan et atteint Yunnan-Fu, sans parvenir à aller plus loin. En 1871, il descend le Nam Ti et le Fleuve Rouge jusqu’à Lào Cai, mais son expédition est bloquée par les Pavillons Noirs.
En 1873, avec l’appui des autorités chinoises, il réussit finalement à établir une liaison entre le Tonkin et le Yunnan. Chargé par les mandarins de Yunnan-Fu de transporter une cargaison d’armes européennes, il part de Hanoï le 18 janvier 1873 avec une équipe et une flottille, arrive à Manhao le 20 février, puis rejoint Yunnan-Fu le 4 mars. Il revient à Hanoï le 30 avril avec un chargement de cuivre et d’étain.
En février 1874, après l’évacuation de Hanoï par les Français, il est expulsé du territoire par l’amiral Dupré. Ses biens sont confisqués.
Il rentre en France, mais revient à plusieurs reprises au Tonkin entre 1883 et 1888 pour tenter de récupérer ses affaires et obtenir des indemnités.
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Chaque jour, des cartes postales disparaissent : oubliées, jetées, ou détruites par le temps ou les héritiers.
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